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Pourquoi s'opposer à
l'Ultra-libéralisme ?
L’ultra-libéralisme est un mode de pensée qui produit une
politique ultra-libérale. La pensée ultra-libérale mesure
la valeur de toute chose sur une base financière. Tout s’achète
et tout se vend. Le secteur non marchand n’a pas sa place dans ce mode
de pensée.
Pour ses partisans, le modèle économique ultra-libéral
est la base de la meilleure société possible. Ils croient à un
cercle vertueux : "les profits d’aujourd’hui sont les
emplois de demain", "l’économie libérale
est porteuse de liberté individuelle et de démocratie",
etc…
Nous sommes en total désaccord avec cette façon de penser,
qui, pour nous, est une imposture. L'objectif premier et unique de l'entreprise
ultra-libérale est la création de valeur pour ses actionnaires
par le dégagement de profits et par l'augmentation de son cours en
bourse. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons :
la réduction des coûts (licenciements, bas salaires, délocalisations,
pression sur les fournisseurs…),
l’augmentation des profits (prix de vente maximum, captage des biens
communs pour les faire payer, ventes multiples d’un produit unique
(licences, brevets…),
la spéculation financière.
Rien de tout cela n’est socialement utile.
Ce n’est pas le principe de l’action commerciale qui est en
cause, c’est son exagération. Les échanges, le commerce
peuvent être source de richesse, mais pas seulement pour les actionnaires.
Ils doivent aussi assurer le bien être et l’amélioration
des conditions de vie de tous. Mais ce n’est pas le cas dans le système
ultra-libéral. L’économie ultra-libérale enrichit
démesurément les plus riches et appauvrit de plus en plus les
plus faibles, les premiers profitant du pouvoir que leur procure leur richesse
pour accentuer encore plus leur pression sur les seconds, qui ont de moins
en moins de moyens pour résister.
Dans une économie socialement utile, la finalité d’une
entreprise ne serait pas seulement ses profits, mais aussi son rôle
dans la société (ce qu’elle fabrique, qui elle emploie…).
Dans une économie socialement utile, la valeur financière ne
serait qu’un critère parmi d’autres pour mesurer la valeur
des choses. Il y aurait aussi leur utilité, individuelle et collective,
la qualité (nourriture saine, produits sans danger…), le respect
de l’environnement…
Pour prospérer, l’économie ultra-libérale doit
exploiter au maximum toutes les ressources possibles, les hommes (rebaptisés
"ressources humaines"), la nature, l’argent (en exigeant
des taux de rentabilité toujours plus élevés), mais
aussi la cupidité (d’où la
corruption), la force (d’où les guerres)… C’est
ainsi que dans une économie ultra-libérale, un certain taux
de chômage est nécessaire, pour maintenir un niveau de salaires
assez bas propice aux profits. C’est ainsi que l’environnement
est sacrifié, car c’est moins cher de polluer que d’éviter
de le faire. Ensuite, une autre entreprise fera des profits en faisant payer
la dépollution.
L’économie ultra-libérale est porteuse de violence extrême :
violence sociale, en exploitant les salariés et en les menaçant
de chômage ou de délocalisations ;
violence financière, en payant des salaires les plus bas possible,
créant le phénomène des travailleurs pauvres (qui doivent
cumuler plusieurs emplois, et même ainsi ne peuvent pas vivre de leurs
salaires) ;
violence physique, en prenant de force ce qui ne peut pas être acheté ou
ce qui coûte trop cher (par exemple le pétrole irakien, les
ressources minières de l’Afrique…).
C’est contre ce système économique et la violence qu’il
entraîne que nous luttons. Nous souhaitons mettre en place une économie
socialement utile, où les profits cohabitent avec le bien-être
des gens, où tout n’est pas à acheter ou à vendre
car dans cette économie, s’il y a une place pour les entreprises
et les profits, il y a également des entreprises autogérées
et un secteur non marchand avec des services publics, des associations sans
but lucratif… |
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