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1/ Les OUI disent :
Si le NON passe, il n’y a pas avec qui négocier
autre chose et l’Europe va perdre 20 ans…
Bien sûr, la renégociation est impossible. Ainsi
dit Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois
et président en exercice de l'Union : "si la France
vote non, l'Union européenne perdra 20 ans" car "les
traités ne sont jamais renégociés".
Par la suite, la terre va avaler le Parlement européen
et tous les membres de la commission vont être transformés
en statues de sel.
Mais nous pensons que ce n’est qu’en votant NON
qu’on pourra marquer une pause et prendre une autre direction
pour l'Europe. Malheureusement, il n’est pas possible
d’effacer les 20 dernières années d’ultra-libéralisme,
mais nous sommes déterminés d'éviter que
les quarante années à venir continuent sur cette
voie, ce qui sera le cas si le OUI gagne.
En fait, ceux qui
ont négocié cette constitution-là seront
discrédités si le NON gagne et EUX ne pourront
pas négocier autre chose. Mais l'Europe a une maturité suffisante
pour être capable de surmonter une telle mise en question.
Alors qu'ils cèdent le relais à d'autres négociateurs,
plus aptes à œuvrer dans le sens d’une Europe
plus sociale, plus écologique, plus démocratique…
2/ Les OUI disent :
On ne changera rien à l’économie libérale
qui est inéluctable et on perdra les quelques avancées
sociales qui sont dans ce texte.
De tout façon, comme les tenants du OUI à gauche
l’expliquent, la victoire du NON ne va en rien changer
l'ultralibéralisme européen. Rocard a bien dit, "le
capitalisme a gagné". Mieux vaut collaborer, éventuellement
en essayant d'atténuer ses méfaits de l'intérieur.
Une position déjà expérimentée,
en France, vers 1941, quand le Reich de 1000 ans semblait avoir
de l'avenir.
Les bien-pensants et Philippe Val vont crier au
scandale, bien sûr, comment ose-t-on comparer entre la constitution
et l'occupation ? Évidemment, la dictature nazie, brutale,
meurtrière, n'a rien à voir avec la dictature
du marché, qui broie doucement à travers la précarité,
la pauvreté, l'abrutissement consommateur et l'avilissement
culturel. Sauf que chacun, dans son fort intérieur et
face à des choix de société doit décider
entre soumission et opposition.
3/ Les OUI disent :
C’est de l’intérieur qu’on pourra
changer les choses
Pour ces gens là, il s'agit avant tout d'un vote pour
ou contre l'Europe. Votons OUI pour l'Europe, et par la suite
on va réparer le traité.
Nous disons NON parce
que :
Ce n’est pas après avoir signé un contrat
qu’on le négocie. Si on vote OUI, pourquoi y aurait-il
renégociation ? Et comment va t-on changer quelque-chose
qui exige l'unanimité ? Si on vote OUI, la messe sera
dite.
Par contre, le NON français sera une opportunité fantastique
d’ouvrir enfin le débat, dans toute l'Europe.
Bien sûr, ce ne sera pas facile et cela prendra du temps.
Voilà un objectif qui en vaut la peine.
4/ Les OUI disent :
Que le NON de gauche cache des velléités souverainistes
et anti-européennes
L'histoire du plombier polonais,
inventé par Fritz
Bolkestein est brandie pour montrer que les partisans du NON
sont protectionnistes et racistes, voulant exclure l'étranger...
En
fait, il faut voter NON en solidarité avec les plombiers
polonais, car la constitution ne les favorise nullement, mais
seulement leurs donneurs d'ordre. Nous refusons une constitution
qui glorifie la concurrence sans entraves entre plombiers.
Nous allons voter NON à la constitution, car elle interdit
l'harmonisation de la protection sociale de tous les plombiers
européens vers le haut. Nous sommes contre le dumping.
Les plombiers, eux, sont les bienvenus.
Enfin, nous allons voter
NON car la constitution érige
des frontières en forteresse contre la venue de plombiers
d'autre pays, notamment immigrants des anciennes colonies.
Le devoir de solidarité ne s'arrête pas aux frontières
de l'Europe. D'ailleurs, c'est le parti socialiste de Jospin,
qui vote maintenant OUI, qui a renié sa promesse de
régulariser les sans-papiers. Et qui a payé cette
lâcheté et d'autres renoncements par la débâcle
d'un certain 21 avril 2002... |
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