FAQ (Foire Aux Questions)
1/ C’est un traité ou une constitution ? Quelle est la différence ?

2/ Qu’est-ce que le præsidium ?

3/ N’est-ce pas un problème de voter NON comme Le Pen ou de Villiers ?

4/ Si le non gagne, que ce passera-t-il après ?
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...et après ?

5/ En votant NON, la France ne deviendra-t-elle pas le "mouton noir" de l’Europe ?

6/ Et dans les autres pays, comment est perçu le NON ?
 
 • 1/ C’est un traité ou une constitution ? Quelle est la différence ?
C’est d’abord un traité. Giscard a été nommé comme président d’une convention pour l’avenir de l’Europe, avec la mission d’améliorer le fonctionnement technique de l’Union, devenue ingouvernable à 25 avec le traité de Nice. Les traités se succèdent aux traités, dans la plus grande indifférence des citoyens. Mais Giscard ne s’est pas contenté de faire ce qui lui a été demandé. Ambitionnant de devenir le président de l’Europe, il a souhaité donner sa "marque" à ce traité en le transformant par un tour de passe-passe en constitution. Pour cela, il a écrit dans le traité qu’une fois ratifié, celui-ci deviendra automatiquement une constitution. Et pour rendre sa démarche crédible, il y a rajouté la charte des droits fondamentaux. C’est ainsi qu’il est devenu officiellement un "traité établissant une Constitution pour l'Europe".

Le problème, c’est que si les traités techniques sont ratifiés par les états et que nous en "subissons" les conséquences sans forcément avoir été consultés, une constitution a une valeur symbolique bien plus grande et que cette fois, on nous demande notre avis !

Les traités sont limités dans le temps, mais cette constitution a une durée illimitée, ce qui doit nous rendre extrêmement vigilants avant de l’accepter.
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 • 2/ Qu’est-ce que le præsidium ?
C’est une face cachée de la constitution.

Le Præsidium a fourni la base de travail de la Convention qui a rédigé la constitution. Il était composé du Président de la Convention (Giscard), des Vice-Présidents et de neuf membres issus de la Convention, deux représentants des Parlements nationaux, deux représentants du Parlement européen et deux représentants de la Commission.

La constitution stipule (dans le Préambule de la charte des droits fondamentaux) que "la Charte sera interprétée par les juridictions de l'Union et des États membres en prenant dûment en considération les explications établies sous l'autorité du præsidium de la Convention qui a élaboré la Charte et mises à jour sous la responsabilité du præsidium de la Convention européenne". C’est-à-dire que même si les explications du præsidium ne sont pas inscrites à l’intérieur même de la constitution, elles sont votées en même temps que celle-ci, avec les annexes et les protocoles. Ces explications seront ensuite prises en compte pour l’interprétation du texte, comme une jurisprudence rédigés à l’avance.

Il faut donc connaître ces explications avant de voter, car elles auront force de loi. Or, ces explications réduisent largement la portée des articles de la charte des droits fondamentaux. Elles vont parfois jusqu’à les contredire.

Vous pouvez lire ces explications dans le texte qui a été envoyé avec le matériel électoral, pages 170 à 184. Vous pouvez les trouver ici (sur le site d'Attac Toulouse).
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 • 3/ N’est-ce pas un problème de voter NON comme Le Pen ou de Villiers ?
Si La Pen aime les fraises, on ne va pas s’en priver pour ne pas faire comme lui. Plus sérieusement, les raisons du NON de droite et celles du NON de gauche ne sont pas les mêmes. Celui de droite est un non à l’Europe elle-même. C’est une position nationaliste et passéiste. Le NON de gauche ne vise que la constitution. Il est pour l’Europe, pour son renforcement démocratique, pour son appropriation par les citoyens.

Si le référendum posait deux questions : 1 – êtes-vous pour l’Europe ? 2 – êtes-vous pour cette constitution ? Les NON de droite voteraient 2 fois non et ceux de gauche voteraient oui à la première question et NON à la seconde. Mais puisque seule la seconde question sera posée, nous allons voter NON.

Ce n’est pas par rapport à l’extrême droite que nous nous positionnons, mais par rapport à la question qui nous est posée.
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 • 4/ Si le non gagne, que ce passera-t-il après ?
Si le non gagne, il ne se passera rien de spectaculaire : les autres pays continueront le processus de ratification de la constitution. Toutefois, le non de la France pourrait en impulser d’autres (en Angleterre, en Pologne, aux Pays Bas…) et empêcher l’adoption de cette constitution, ce qui est notre but premier.

Dans ce cas, le traité de Nice restera en vigueur, jusqu’en 2009, comme prévu. Toutefois, il ne s’agit pas de s’arrêter là, mais bien de modifier le fonctionnement de l’Europe et sa politique. C’est là que le non de gauche peut avoir un impact décisif. En effet, le choc causé par le non français va obliger les institutions européennes à se poser des questions sur les raisons du non et à y apporter quelques réponses.

Les problèmes de fonctionnement des institutions (règles de majorité, pouvoirs du parlement…), peuvent être résolus assez simplement, sans pour cela créer une nouvelle constitution. Par contre, pour créer une nouvelle constitution, il sera souhaitable de mettre en place un vrai processus constitutionnel, avec élection d’une assemblée constituante, cahiers de doléances dans tous les pays… Ce processus, qui prendra le temps qu’il faudra, permettra une vraie dynamique démocratique, citoyenne, à l’échelle européenne. Ce processus, extrêmement enthousiasmant, serait une formidable récompense au non de gauche, et bien loin de nuire à l’Europe, il sera l’amorce de l’Europe politique que nous souhaitons.

Dans le pire des cas, il ne se passera rien de tout cela, et l’Europe continuera sa marche en avant dans l’ultra libéralisme. Nous aurons échoué à lui faire changer de cap, mais au moins, nous n’aurons pas cautionné ce processus que nous déplorons.

Dans tous les cas, la lutte continuera. Le référendum aura au moins eu le mérite de mieux nous faire connaître et comprendre le fonctionnement de l’Europe. Nous serons maintenant plus avertis et plus vigilants.

Le formidable élan citoyen impulsé par la mobilisation de la compagne du NON continuera, nous l'espérons, après le 29 mai, pour combattre les politiques ultra-libérales.
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 • 5/ En votant NON, la France ne deviendra-t-elle pas le "mouton noir" de l’Europe ?
Mais oui, bien sûr, tout le monde sait que "les Français sont des veaux" ! La France sera bel et bien le mouton noir des ultra-libéraux qui gèrent actuellement l’Europe, comme une propriété personnelle peuplée de quelques locataires remuants.

Ceci dit, ce ne sera pas la première fois que la France aura joué un rôle moteur en Europe et dans le monde, et sans forcément penser uniquement à la révolution de 1789.

Les partisans du OUI tentent de faire l’amalgame entre le NON souverainiste et le NON de gauche. Si cette tactique a marché au début, l’intensité des débats et la qualité de la campagne des gens du NON de gauche ont largement réfuté cet argument. Les dirigeants européens savent maintenant très bien interpréter le NON de la France. Il s’est fait entendre, qu’il gagne ou pas le 29 mai.

Pour les militants de gauche et les altermondialistes des autres pays européens (mais oui, ils existent), le NON de la France est un espoir, une légitimation de leur propre lutte. Alors , contre les loups qui veulent nous manger, soyons le mouton qui guide le troupeau vers un autre pâturage.
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 • 6/ Et dans les autres pays, comment est perçu le NON ?
Quelques éléments de réponse dans ce texte du Gérard Filoche, membre du bureau national socialiste, partisan du NON, du 7 mai.

Aux Pays-bas le "non" atteint 58,5 %. Il vient de progresser en Pologne de 36 % à 44 % des voix. Il monte majoritairement au Danemark. La Suède est traversée vent debout par le débat sur Bolkestein et les salaires des ouvriers du bâtiment letton au point que le plus grand syndicat menace de revoir sa position sur la constitution. Oskar Lafontaine, dirigeant respecté du SPD, très écouté des syndicats allemands, tout comme Georges Debunne, dirigeant syndical belge de la FGTB, fondateur-président de la CES, défendent le "non". Les Grecs sont secoués par une crise sociale, 200 000 manifestants réclament un referendum et clament : "le non francais est notre non". Le Portugal qui vote à l’automne se sent concerné. Cela fait naturellement éclater le débat, jour après jour, partout en Europe, à propos du fameux "plan B". Y a-t-il une alternative à cette Constitution ? Un meilleur compromis ?

En fait la France est si peu isolée que les dirigeants des 25 qui avaient cru pouvoir ratifier la Constitution "en douce" le 18 juin dernier, cinq jours à peine après l’élection du Parlement européen et sans l’avoir consulté, ni lui, ni les électeurs, discutent dorénavant ouvertement de ce qu’ils vont faire après le "non" français. Il y a ceux qui viennent en France pour "nous convaincre". Il y a ceux qui, préjugeant du résultat français, s’apprêtent déjà à annuler leur propre référendum : c’est le cas de Tony Blair réélu en perdant 4 % des voix et 57 députés. Si les Français votent "non", le référendum britannique prévu en 2006 serait annulé. Et le président polonais Kwasniewski tente à son tour de limiter les dégâts : "S'il s'avère qu'après son rejet par les Français, il faille renégocier la Constitution, le référendum sera reporté." L’ordre choisi dans cette dernière déclaration est instructif : le "non", puis la "renégociation", donc l’annulation. S’il y a rejet par les Français, il faudrait renégocier. Dans ce cas, à quoi bon voter ? Le président polonais se place déjà dans la perspective d’un nouveau plan. Un tel aveu ne convient pas à ceux qui veulent maintenir absolument les Français sous pression et savent que si s’installe l’idée d’une renégociation, il n’y a plus de raisons le 29 mai de voter "oui" à ce mauvais texte constitutionnel…

Et c’est François Hollande qui… annonce une bataille "pour un nouveau traité social". Si tel est son souhait, il ne faut pas commencer par voter " oui" : en cas de "oui", cette bataille est mort-née.

Au contraire, il faut exploiter cette situation qui fait que le "non" pousse à rediscuter, à renégocier au niveau européen. Au lieu de nier qu’il y ait un "plan B", il vaudrait mieux le préparer, ressortir, par exemple, les sept exigences sociales que défendait le PS unanimement, il y a tout juste un an. Si nous n’avons pas été entendus hier, la poussée du "non" permet de mieux pouvoir l’être aujourd’hui.
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