Dire NON avec l'Alternative
Pour ou contre le traité constitutionnel ?

Le 5 novembre 2004, l’Alternative Midi-Pyrénées a organisé un débat public à Montauban sur le Traité Constitutionnel Européen, où chacun a pu s'exprimer. Le 3 décembre 2004, au cours de son Assemblée Générale, les adhérents ont voté à bulletins secrets pour déterminer la position de l'Association. A l'UNANIMITE des votants, l'Alternative Midi-Pyrénées a décidé de s'engager dans la campagne du NON.

Discours du Jean-Pierre Bataille qui représentait l'Alternative Midi-Pyrénées lors du grand meeting national pour le NON organisé le 12 mai au Parc des Expositions à Toulouse, par le Collectif 200 du 31 :
Intro...
Dire NON avec l'Alternative
Comprendre la Constitution
Textes & Encouragements
Notez la Constitution !
FAQ
Commandez le DVD
Téléchargement
Liens utiles
...et après ?

L’idéal que nous poursuivons dans le mouvement de l’Alternative en Midi-Pyrénées vise au rapprochement des peuples par le choix d’une société anti-libérale et solidaire préoccupée de son devenir tout en préservant l’environnement pour les générations futures. Nous croyons qu’il est possible de faire de la politique autrement en proposant aux citoyens le droit de choisir et de construire le monde dans lequel ils veulent vivre.

Aussi, c’est tout naturellement en Européens convaincus, forts de l’idéal politique que nous avons pour notre région et toutes celles d’Europe que nous allons voter NON au projet de constitution européenne.

Nous sommes pour l’Europe des peuples qui ont su dépasser leurs querelles.
Nous sommes pour une véritable UNITE citoyenne européenne et contre tous les populismes et souverainismes.
Nous sommes pour une Constitution Européenne légitimant un pouvoir démocratique face à un pouvoir économique et financier européen.


S’opposer au Traité établissant une constitution européenne ce n’est pas dire NON à l’Europe : c’est manifester la volonté d’une autre Constitution pour l’Europe, sociale et démocratique.

Aujourd’hui nous agissons pour la refondation de l’Europe. C’est un moment historique puisqu’il appelle à faire le bilan des cinquante dernières années et à redéfinir l’Europe en lui donnant une nouvelle base : la Constitution, et donc une nouvelle forme : la démocratie.
Ce référendum devrait être un moment de liberté politique où les citoyens pourraient repenser l’Europe sur d’autres principes plus en phase avec les exigences et les attentes de notre siècle.

La seule question qui vaille est celle-ci : le T.C.E. rend-il l’Europe plus démocratique ? La seule réponse qui s’impose : NON !

NON ! Parce qu’il n’y a pas d’avancée démocratique au plan institutionnel.

Le Parlement Européen, pourtant seule institution élue au suffrage universel direct ne disposera toujours pas de l’initiative des lois et devra partager l’approbation des lois avec le Conseil des Ministres.

Le citoyen européen ne gagnera aucun pouvoir supplémentaire ; sauf le droit de pétition qui n’est qu’une arnaque politique montrant la malhonnêteté de ceux qui la défendent.

NON ! Parce qu’il n’y a pas d’avancée démocratique au plan des droits humains.

Nous régresserons dans :
les droits des femmes ;
le droit au travail ;
le droit au logement ;

Les droits sociaux ne pourront même pas être invoqués par les justiciables devant les tribunaux car ils ne sont que des objectifs dépourvus d’obligation pour les institutions européennes.

NON ! Parce qu’il n’y a pas d’avancée démocratique au plan politique.

La qualité démocratique d’une constitution doit se reconnaître au fait qu’elle laisse aux citoyens le pouvoir de choisir le contenu des politiques que leurs représentants mettront en œuvre. Or la constitution que l’on nous propose ferme toute possibilité de choix.

De plus, en votant OUI les européens seront condamnés à accepter une politique de sécurité et de défense commune avec celle arrêtée dans le cadre de l’OTAN. C’est à dire être aux ordres des Etats Unis. De cela nous n’en voulons pas !

Pas de choix non plus sur le contenu des politiques publiques puisqu’elles seront définies et conduites dans "le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre". Nous ne voulons pas d’une Europe aménagée en "zone de libre échange".

Le T.C.E. est en réalité un programme politique libéral qui étouffe l’expression démocratique.
S’il existe aujourd’hui une liberté politique nous permettant de nous exprimer, il faut l’utiliser.

Le peuple a le droit de voter OUI ou NON à un référendum.
Nous allons voter NON !


Et ce ne sont pas les médias propageant la désinformation qui vont nous en empêcher. Qui voudrait d’une Europe où la liberté d’expression soit ainsi bafouée ?

La différence entre le Oui et le NON est simple.


Voter OUI c’est s’en remettre à ceux qui veulent tout régenter à notre place et nous assurent que cela ne sera pas pire demain pour nous ; mais qui savent que cela sera certainement mieux pour eux. Ils ont foi dans le capitalisme et veulent assujettir nos vies à leurs profits.

Leur OUI pour une constitution libérale tue l’Europe que nous voulons.

Voter NON, c’est croire en une Europe unitaire, citoyenne et démocratique.

Unitaire : parce que malgré nos différences nous pourrons construire une Europe en imposant une solidarité sans faille dans le partage et la coopération pour une protection sociale mise hors marché.

Citoyenne : parce que l’Europe que nous voulons donnera plus de place à la vie des hommes et des femmes de l’Union qu’au marché et à la concurrence. Les citoyens et citoyennes, à égalité, bénéficieront de droits fondamentaux harmonisés par le haut. Ils assumeront leurs responsabilités pour léguer aux générations futures une Europe sociale et écologiquement viable.

Démocratique : parce que nous n’accepterons plus les déclarations de principe de nos dirigeants laissant croire que demain cela ira mieux. L’Europe doit se faire avec nous et pour nous. Cela nécessite de rappeler que c’est la souveraineté du peuple qui imposera demain à nos représentants élus de quelle Europe nous voulons et le NON obligera les gouvernements à reconsidérer les bases sur lesquelles construire l’Europe.


Il y en a marre d’entendre dire que hors du OUI il n’y a pas de salut.
Au contraire !
Le NON que nous portons est un véritable programme pour une relance européenne. Celui-ci verra le jour si nous sommes capables de nous UNIR dans les luttes à venir. Il faut que nous mettions en place des initiatives communes permettant à la gauche solidaire, altermondialiste et écologiste de bâtir l’Europe que nous voulons.

Battons-nous tous ensemble:

- pour le respect intégral des droits humains,
- pour que tous les citoyens résidents bénéficient des mêmes droits civiques que les ressortissants de l’Union
- pour que le Pacte de stabilité soit abandonné,
- pour la reconnaissance de la laïcité,
- pour le maintien, la coopération et le développement des services publics à toute l’Europe
- pour que les secteurs de l’éducation, de la santé et de la culture ne soient pas soumis aux règles de la marchandisation
- pour une politique de santé et de protection sociale universelles,
- pour une taxation des produits financiers afin de lutter contre la pauvreté et le chômage,
- pour imposer une indépendance énergétique basée sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie,
- pour une politique agricole défendant une agriculture paysanne sans semences génétiquement modifiées et le développement des circuits courts,
- pour des relations commerciales basées sur la coopération en refusant les logiques de l’OMC et de l’AGCS.
- enfin pour un parlement européen qui aura l’initiative des lois afin de faire respecter la souveraineté populaire.

Ne croyez-vous pas que cela soit suffisant pour faire entendre notre différence ?

Le référendum est une chance historique pour lancer une Europe unitaire, fraternelle, sociale où la liberté sera celle des hommes et non pas celle des marchands, où la libre circulation des pensées prévaudra sur la libre circulation des capitaux.

Il faut s’unir, il faut convaincre, il faut se battre
et demain nous serons de vrais citoyens européens.
Pour cela, le 29 mai, nous allons dire NON.


Un NON sincère, convaincu, et serein qui exprime que l’Europe ne se fera pas sans nous.

Jean-Pierre Bataille
Alternative en Midi-Pyrénées
12 mai 2005