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...et après ?
© Communauté européenne, 2005
Depuis près de 50 ans, l’Europe fonctionne sur la base de traités successifs : Traité de Rome, Maastricht, Amsterdam…

Le traité actuelle est le traité de Nice. Il est en vigueur jusqu’en 2009. Ce n’est pas un bon traité (tout le monde semble actuellement s’accorder sur ce point), mais il a été signé par Chirac et Jospin sans référendum.

Son insuffisance, notamment au niveau du fonctionnement de l’Union suite à son élargissement à 25 pays a été rapidement reconnue, y compris par ses signataires.

C’est ainsi qu’une "Convention sur l’avenir de l’Union", avec Giscard comme Président, a été nommée pour rédiger un nouveau traité dans le but d’améliorer celui de Nice. Ce travail était plus de nature institutionnelle que politique. Il s’agissait notamment d’ordonner la masse des textes existants, de les harmoniser, et de "fluidifier " le fonctionnement de l’Union, notamment en assouplissant les règles de vote à l’unanimité et en rééquilibrant les pouvoirs des institutions entre elles et vis-à-vis des pays membres.

A aucun moment, Giscard et sa Convention n’ont été mandatés pour rédiger une constitution. S’agit-il d’un excès de zèle ou d’ambition (Giscard souhaiterait devenir le Présidant de l’Europe), mais la Convention, outrepassant son mandat, a décidé que ce traité, une fois ratifié, deviendrait la constitution de l’Europe.

É tant donné l’importance de l’enjeu, et la mobilisation de la classe politique française, Chirac a décidé de soumettre ce projet par référendum. Il faut bien rappeler que la question européenne ne mobilise pas les foules (les élections européennes sont celles où il y a le plus d’abstentions) et qu’au moment où a été prise la décision de faire un référendum, le OUI semblait largement acquis.

Pour donner au traité un caractère plus solennel, propre à une constitution, la convention y a ajouté la charte des droits fondamentaux. Tout le traité, y compris la charte des droits fondamentaux, sont repris des textes existants : anciens traités, la Convention européenne des Droits de l’Homme, Traité des Communautés européennes… De grandes parties des textes existants ont été reprises telles quelles, d’autres ont été modifiées, de façon plus ou moins significative.

Au final, ce texte est énorme : 448 articles, écrits pour la plupart dans un jargon peu compréhensible. Il est divisé en 4 parties principales, auxquelles s’ajoutent 1 préambule, 2 annexes, 36 protocoles et 50 déclarations.

La partie I affirme les valeurs de l’Union, ses objectifs, ses compétences, ses institutions, sa vie démocratique et ses finances. (12 pages, 60 articles)

La partie II est la charte des droits fondamentaux : dignité, liberté, égalité, solidarité, citoyenneté et justice. (6 pages, 54 articles). La lecture de la charte devrait être suivie de celle de la déclaration 12 annexée à la constitution, qui explique comment doit être interprétée la charte (voir à ce sujet l’explication en fin de paragraphe).

La partie III définit les politiques et le fonctionnement de l’union. (54 pages, 318 articles)

La partie IV situe le statut du traité au niveau juridique, explique les procédures de ratification et de révision et sa durée (illimitée). (4 pages, 12 articles).

L’annexe I est une liste de produits agricoles.

L’annexe II liste les pays et territoires d’outre-mer dans lesquels s’applique une partie du traité.

La liste des 36 protocoles se trouve à la page 89 du traité envoyé avec le matériel électoral. (70 pages)

L’Acte Final (pages 163 et 164 du traité envoyé avec le matériel électoral) détaille tous les éléments soumis au vote, y compris les 50 déclarations relatives à des dispositions de la constitution. (page 164).

Parmi ces déclarations, la N° 12 est particulièrement intéressante. Il s’agit des explications du præsidium relatives à la charte des droits fondamentaux. Ces explications, même si elles n’ont pas de valeur juridique doivent servir de cadre pour l’interprétation de la charte – une jurisprudence préalable.

La déclaration 12 (pages 170 à 184 du traité envoyé avec le matériel électoral) reprend et commente chacun des 54 articles de la charte des droits fondamentaux.